Ce sont certes des professionnels de la couleur mais il ne faut surtout pas les confondre avec des décorateurs d’intérieur, ou encore avec des designers. Alors que font-ils vraiment ?.
Les consultants couleur ne suivent pas particulièrement les styles et tendances créés par la mode, le marketing ou l’industrie. Leur objectif n’est pas à proprement parler de faire plaisir au consommateur en flattant ses goûts et en anticipant ses envies. Un consultant couleur est un spécialiste des effets physiologiques et psychologiques de la couleur.
Le champ d’application de leur savoir est vaste. Ils prodiguent leurs conseils aussi bien en termes d’environnement, de santé, de sécurité, que sur un plan publicitaire. Le consultant s’efforce d’adopter un point de vue neutre lui permettant d’apporter une réponse en adéquation avec le besoin de son client. Il développe ce qu’il appelle dans son jargon un "programme couleur", c’est à dire une étude précise en fonction du cas présenté qui va expliquer et démontrer les bénéfices que peut offrir l’emploi de telle ou telle teinte de couleur. Il établit son travail selon deux axes essentiels : ce qui peut être amélioré et ce qui peut être réduit.
Ainsi, l’usage d’une certaine couleur dans une boutique peut augmenter les ventes. Dans une usine cela peut accroître la productivité, dans une école cela peut aider à une meilleure concentration des élèves... De même, l’emploi d’une certaine couleur peut réduire l’absentéisme dans un bureau, faire chuter le taux d’accidents à un carrefour en ville ou éliminer le stress et la fatigue dans un lieu qui génère une forte activité comme une salle de marchés par exemple.
Les exemples parlent d’eux-mêmes. Ainsi en Angleterre, où le pont Blackfriar situé à Londres était un lieu très fréquenté par les candidats au suicide. En le peignant en vert, les autorités municipales ont fait chuter le taux de suicidés de 33% en l’espace d’un mois seulement. En Suisse, dans une école où les enfants chahutaient et ne parvenaient pas à se concentrer, un consultant couleur a éliminé certains éclairages et suggéré un nouveau code couleur dans les classes, qui a permis aux enfants de mieux travailler. Au point pour cette école de devenir une référence pour la qualité de ses étudiants ! .
La profession de consultant couleur réserve toutefois quelques surprises comme en témoignent quelques cas rapportés par le spécialiste américain Brian Lawler. Ce fameux consultant couleur avait par exemple fait l’objet d’une demande, par un viticulteur français, de certification du spectre "légal" du vin de Bourgogne. Il s’agissait apparemment pour le producteur de prouver que son crû méritait une AOC du fait-même de sa couleur.
Dans une autre affaire, Lawler avait été "embauché" par un automobiliste pour déterminer la couleur exacte d’un néon... L’automobiliste en question avait reçu une contravention parce que le néon qui éclairait sa plaque minéralogique ne correspondait pas aux dispositifs de la loi de Floride qui n’autorise que des éclairages verts ou bleus. L’automobiliste cherchait d’évidence à démontrer que son néon diffusait de la lumière bleue... Heureusement, tous les cas d’intervention ne sont pas aussi farfelus. Cette spécialité qui trouve un écho de plus en plus large auprès des entreprises privées semble promis à un bel avenir puisqu'en Amérique du Nord, de nombreuses écoles spécialisées ont intégré la signification et le management des couleurs dans leur cursus.
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